vendredi 27 avril 2012

Dans sa course aux voix du FN, Nicolas Sarkozy s’en prend à la contraception des mineures

Alors que nous n’avons eu de cesse d’assister tout au long de ces dernières années, à des reculs préoccupants en matière de contraception et d’IVG, le candidat à l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy, dans sa course effrénée aux voix du Front National, a trouvé bon de s’en prendre ce matin sur France-Inter à la loi de 2001 sur l’anonymat et la gratuité de la contraception pour les mineures qui rappelle que « le consentement des titulaires de l’autorité parentale n’est pas requis pour la prescription, la délivrance ou l’administration de contraceptifs aux personnes mineures ».

Je tiens à exprimer ma consternation devant la radicalisation du discours de Nicolas Sarkozy qui prolonge cinq années d’inaction en matière de politiques de prévention et de régressions s’agissant de l’accès des femmes – en particulier des plus jeunes- à l’avortement et à la contraception.

Baisse conséquente des subventions du Planning familial, refus de considérer –comme le prévoyait cette même loi de 2001- l’éducation à l’égalité et à la sexualité comme devant faire partie du socle commun des connaissances à acquérir par tous les élèves, absence de campagnes massives de sensibilisation et d’un travail régulier qui fait qu’aujourd’hui la majorité des jeunes n’a plus accès à la contraception…le bilan de Nicolas Sarkozy s’apparente, dans ce domaine, à un véritable tableau noir.

Je refuse cette surenchère et appelle à une véritable reconnaissance de la sexualité des jeunes.

Nous avons le devoir de nous opposer à toutes les forces conservatrices et rétrogrades qui, sous la bannière de Nicolas Sarkozy, veulent aujourd’hui, à coup de leçons de morale, remettre en cause les droits fondamentaux.

Je demande à celui qui est encore Président de la République jusqu’au 6 mai de cesser d’abaisser le débat et à toutes les Françaises et tous les Français de se mobiliser pour barrer la route à ceux qui refusent de garantir l’accès des jeunes filles à la contraception et à l’IVG.

vendredi 20 avril 2012

Appel à voter François Hollande

Féministe engagée au quotidien pour la promotion de l’Egalité entre les femmes et les hommes, j’appelle toutes les femmes et notamment celles des quartiers populaires à voter dès le premier tour en faveur de François Hollande.

Alors que la politique de Nicolas Sarkozy a mené à la dégradation des conditions de vie des femmes et à la négation de leurs droits, François Hollande s’est engagé à lutter contre toutes les formes de précarisation des femmes. Il veut aussi mettre un terme aux régressions des droits des femmes et créer une dynamique d’égalité et de justice.

Ses 40 engagements pour l’Egalité entre les femmes et les hommes témoignent de sa volonté d’action en faveur de nos droits.

De son engagement à créer un Ministère des droits de femmes à sa volonté de créer un véritable service public de la petite enfance et de lutter avec conviction contre les violences faites aux femmes, François Hollande a montré qu’il était, de toute évidence, le seul candidat à pouvoir, demain, changer la vie des femmes et à créer les conditions d’une société plus juste, plus égalitaire menant à l’autonomie et à l’émancipation de chacun.

Convaincue qu’agir, comme il le propose sur l’égalité professionnelle, le partage du pouvoir de décision, le droit de disposer de son corps et la déconstruction des préjugés et discriminations sexistes à tous les niveaux est une priorité absolue, je lui exprime mon entière confiance pour faire progresser, après sa victoire que je souhaite ardemment, les droits des femmes.

C’est pour cela que je lance un appel aux femmes pour qu’elles se mobilisent massivement dès le 22 avril pour François Hollande.
François Hollande s’engage pour la création d’un ministère des droits des femmes

François Hollande affirme sa volonté de faire de l’égalité femmes-hommes une politique publique transversale forte qui assurera la mise en œuvre d’un projet de société volontariste en faveur des femmes, qui n’ont jamais aussi durement été menacées dans leurs droits que sous le gouvernement de Nicolas Sarkozy. Fermeture des centres IVG, recul dans la lutte contre les violences sexuelles et sexistes, plafond de verre, détournement de leur image dans les médias, précarité qui les touche de plein fouet ; la liste est longue concernant les inégalités que les femmes subissent au quotidien.

Parce que je suis engagée en tant que féministe et en tant qu’Adjointe au Maire de Paris en charge de l’égalité femmes-hommes, je suis convaincue que le programme de François Hollande nous permettra d’aller vers une société avec plus d’égalité et de justice. Je lui apporte tout mon soutien et invite toutes les femmes à voter pour lui. Les 40 engagements marquent un positionnement féministe chez François Hollande, positionnement qu’il revendique clairement.

La création d’un ministère des droits des femmes est la première étape dans l’élaboration, l’impulsion et l’évaluation des politiques publiques et leurs effets sur les inégalités entre les sexes. De plus, chaque ministère disposera d’un département en charge de l’égalité femmes-hommes.

Je vous invite à découvrir les grandes lignes de ces engagements en cliquant sur le lien ci-dessous

Les 40 engagements en détail

jeudi 5 avril 2012

Respectez la loi Mme Berra !

Alors que depuis quelques années, nous ne cessons d’assister à des reculs préoccupants en matière de contraception et d’IVG, la Secrétaire d’Etat à la Santé Mme Nora Berra n’a rien trouvé de mieux à dire – probablement pour agrémenter encore la campagne très à droite du Président-candidat qui avait commencé avec les propos de M. Guéant puis de M.Vanneste – que son refus de l’anonymat et de la gratuité pour les mineures.

Les déclarations pernicieuses de Mme Bera apparaissent sont particulièrement malvenues à un moment où il faut plus que jamais renforcer les politiques de prévention et relèvent d’un positionnement purement idéologique.

Elles s’inscrivent dans un climat délétère de fragilisation de l’accès des femmes – et en particulier des plus jeunes – à l’avortement et à la contraception.

Plutôt que de servir des discours culpabilisants, le gouvernement serait bien plus inspiré de respecter la loi et de réunir les conditions de son application.

Celle de 2001 consacrant à raison de trois séances annuelles l’éducation à l’égalité et à la sexualité comme devant faire partie du socle commun des compétences et des connaissances à acquérir par tous les élèves mais aussi la disposition prévue par la loi de la même année qui devait permettre à des jeunes filles mineures d’avoir une contraception sans autorisation parentale auprès d’un médecin de ville et qui est restée lettre morte faute de modalités de prise en charge financière permettant l’application large de cette possibilité.

Faut-il rappeler que le Planning familial et les centres de planification sont des lieux privilégiés pour l’accueil, l’écoute et l’accompagnement des jeunes en matière de contraception et de sexualité? Faut-il rappeler que le Planning familial, en plus des attaques idéologiques dont il est l’objet, a de nouveau été la cible du gouvernement qui prévoit une baisse conséquente de ses subventions ?

Faute de campagnes massives de sensibilisation et d’un travail régulier d’information, la majorité des jeunes n’a tout simplement aujourd’hui pas accès à la contraception.

Mme Berra doit prendre en tant que membre du gouvernement ses responsabilités : les jeunes n’ont pas besoin d’injonctions contreproductives ni de discours moralisants autour de la reconnaissance de leur sexualité.

Le respect des lois, la garantie de l’accès des jeunes filles à la contraception et à l’IVG, la préservation des droits fondamentaux vaudront toujours mieux que les leçons de morale datées d’un pouvoir qui s’assume comme de plus en plus rétrograde.


Fatima Lalem, Adjointe au Maire de Paris en charge de l’Egalité femmes-hommes

Paru dans le journal Libération le 5 mars 2012.